Skip to main content

L’an dernier, dans une parcelle d’orge de printemps, semée le 14 février, j’ai installé ce drôle d’individu pour effrayer les oiseaux.

Les petites pousses à la surface du sol, des petits cotylédons savoureux, sont pour les corbeaux, les pigeons, les pies des nourritures délicieuses. Tous guettent ces végétaux qui affleurent la terre au début du printemps.

Une corbetière dans un bois, des lignes d’arbres où nicher, et les parcelles situées non loin sont sujettes à leurs attaques. Au grand désarroi de l’agriculteur qui ne peut pas faire grand-chose pour lutter. Les corbeaux mangent les pousses de pois avec méthode, ils le font en ligne, avec régularité.

On peut alors essayer de leur faire croire à une présence humaine. On prend quelques piquets, on les habille avec un vêtement, un chapeau, une combinaison de travail. On crée un simulacre pour dissuader les oiseaux de s’approcher. Les bras de l’épouvantail sont en croix prêts à se rendre ou à bondir mais le subterfuge a ses limites.


Observateurs, les oiseaux comprennent vite que l’homme en paille ne représente pas une réelle menace. Ils avancent, ils osent. Ils guettent les réactions, elles tardent à venir. Ils prennent le risque, s’approchent. Leur patience a ses limites et ses raisons. Pourquoi craindraient-ils cette présence immobile ?

Mon épouvantail était fait de bâches et de poteaux en fer. Je l’avais posé au milieu de la parcelle. Je l’aimais bien. Il veillait. Je lui trouvais une allure de lévrier. Je savais qu’il faisait ce qu’il pouvait. L’orge de printemps a poussé. Puis je suis allée le rechercher. L’orge de printemps recouvrait le sol, et lui, ne tenait plus debout, sa mission semblait l’avoir épuisé.